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Effrayé, il découvre que sa PME cachait un CM depuis 2 ans, et l'abat

Effrayé, il découvre que sa PME cachait un CM depuis 2 ans, et l’abat

| Le 14 mars 2015

header CM chasseJean Pelebaff, 72 ans, patron de la Mecatro, une PME d’électro-mécanique à piston en Auvergne, a vécu un traumatisme terrible, qu’il ne souhaite à aucun autre industriel régional de ses amis. Lors d’une champêtre partie de chasse l’autre jour, sous un soleil quasi printannier, alors qu’il allait viser un bon gros canard en pleine phase d’envol, son assistante Mauricette Chenapon, 58 ans, arriva soudain près de lui. Elle était dans tous ses états et son chemisier déboutonné.

  • Ben alors Mauricette, qu’il y a t-il donc ? C’est pas encore l’heure de notre pause détente dans l’étable, derrière le bâtiment de garde ? Vous m’avez fait rater ma visée, petite gourgandine !.
  • Rôôô, Jean… c’est Alain de la comptabilité qui téléphone là. Il est paniqué, il a peur… on parle de nous sur l’internet y paraît !
  • Quoi, mais comment, sans… sans mon autorisation formelle ??! Appelez-moi de suite Alain que je règle cette affaire.
  • Mais Jean… votre Blackberry est dans votre poche pantalon… là ici tout contre votre cuisse.
  • Ben alors petite gourgandine, venez donc le chercher sur ma cuisse…

Quinze minutes moites plus tard, Jean Pelebaffe était un peu plus détendu et mis complètement au courant : Alain Vautré, responsable de la comptabilité et des achats généraux, venait de changer au Leclerc du coin son téléphone Nokia 3310 pour un appareil plus contemporain, capable de recevoir l’Internet et la météo. Le vendeur, lui vantant les atouts de l’engin, lui installa alors dessus l’application « Twitter mobile for Android » et y exécuta une recherche spontanée : « Ten, vous bossez pour la Mecatro ? on va voir les tweets qui passent dessus… ».

Son sang ne fit qu’un tour ! Un homme, oui un HOMME, écrivait des choses sur Mecatro depuis des mois et des mois derrière un soi-disant compte Twitter @MecatroNews. Après enquête sommaire et délatoire, il découvrit que cet homme n’était autre qu’un « CM » (community manager) : Michel Calutte, le fils de l’ancien gardien à l’entrée de l’usine. Il avait eu besoin d’un stage pour valider sa fac’ d’« Art, Communication, Bondage ». Et son père étant décédé entre temps brutalement d’une grippe hémorroïdale, personne n’avait vérifié pourquoi Michel était toujours là, tous les matins, dans une pièce au sous-sol. Il travaillait sur un PC portable, assis sur une chaise, dans la remise à livres et dossiers.

Il tenait même des metrics à jour !

Le jeune homme de 22 ans s’était donné pour missions (je cite) « de porter la marque Mecatro sur les terres du web communautaire » et de (je cite) « partager la culture de l’électro-mécanique à piston à un stade digital social avancé ». Il tenait même… un tableau de metrics à jour, transmis quotidiennement au directeur des ventes ! Et il avait eu l’outrecuidance de former les salariés du SAV à la pratique des réseaux sociaux et de la CRM 2.0. Pire, sur Facebook, il avait même organisé un concours pour faire gagner des goodies industriels et des pièces détachées de la Mecatro. « Tout le monde l’aimait bien, personne n’s'était rendu compte de qui se passait. On nous disait que l’Internet, c’est l’avenir », confirme René, à l’atelier.

Suffocant de rage, Jean Pelebaffe ne fit pas un pli une bosse de l’affaire, jugée « très grave » par le Conseil d’Administration de la Mecatro, exigeant une « réponse adaptée, circonstanciée et exemplaire ». Convoqué prestement sur le dit terrain de chasse, et après quelques questions sommaires suivi d’une pleine bouffée tirée sur son cigare, Jean a abattu Michel de deux coups de chevrotine en pleine tête. « Ah-ah ! Ca donnera l’exemple à ces petits salopards de profiteurs et excités. A t-on idée de parler d’une entreprise respectable sur l’Internet des Réseaux, sans autorisation préalable du P-DG et sans contrat dûment signé. Moi vivant, il n’y aura jamais un pixel en ligne sur la Mecatro ! ».

L’enquête de gendarmerie a conclu à un « coup de feu parti par accident », et à un phénomène très rare de « déni digital névrotique », très fréquent en province. La maréchaussée a présenté « ses plus vives excuses » à M. Pelebaffe, pour la gène occasionnée par les questions déplacées de ses hommes. Une cérémonie du souvenir se tiendra en la Cantine numérique de Millepaux, le village d’où était originaire Michel.

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