Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

Branched | January 19, 2018

Revenir en haut

Haut de page

Soyez le premier à commenter cet article

Il embauche toute une équipe projet pour définir sa start-up !

Il embauche toute une équipe projet pour définir sa start-up !

| Le 8 décembre 2014

pic diplome 2Paul Meunon est de cette race d’entrepreneur que rien n’arrête. Branched l’a rencontré la semaine dernière sur un atelier de co-working au sein du cluster du pôle de compétences de la délégation FrenchTech associée à la Cantine numérique de la pépinière de la technopole de la région bordelaise et de la Chambre des Métiers. Son histoire est forte et révélatrice; elle donnera des billes aux futurs travailleurs de la net-économie. Interview à coeur ouvert.

Branched : Paul, pourquoi Bordeaux ?

Paul Meunon : Je m’y suis installé depuis qu’Alain Juppé a fait  la cover des Inrocks. Une ville moderne qui gagne, c’est bon pour le business.

Branched : Paul, pourquoi le business ?

PM : Parce que je viens juste d’être diplômé en rattrap… heu en « leverage section of improvment » de la Masters of The World Business School of Dubai. J’étais programmé pour cela dès la naissance vous savez. Papa a fait lui la Golden God Business School of London, et maman la Supreme Elite Business School of Taïwan, section optimisation financière et PowerPoint Presentation. Grand-père était un cran en-dessous, c’est clair : il était turfiste dans la banlieue d’Evreux. Mais il nous a inculqué à tous la culture du chiffre et de la performance.

Branched : Paul, pourquoi une start-up ?

PM : Ben que voulez-vous faire d’autre après une business school ? On passe tous par le module « I want to make my start-up »  qui nous apprend à le dire en plusieurs langues : russe, chinois, indien… ah oui en anglais aussi. Un discours de 30 secondes, pré-formaté, optimisé, enrichi pour pitch elevator et start-up competition.

Branched : Paul, en deux mots, votre projet ?

PM : M’inscrire dans une vision durable et impliquée socialement du rôle d’entrepreneur, vu comme le maillon humble et combatif de la reconquête vaillante de notre économie française. Construire une entreprise de sens qui ne se contenterait pas de vendre un produit standard, mais qui élèverait sa relation client au rang de marche solide pour le progrès social et la relève de la Nation… (silence, ndlr) Non, je déconne. (rire nerveux, dans un mouvement de bascule arrière du fauteuil en cuir, regard tourné vers la baie vitrée, ndlr)

Branched : Paul, pourquoi cette embauche de toute une équipe ? Ca a mis un coup au coeur,  vous savez sur le marché de l’emploi en France et à Bercy…

PM : Ben désolé, je savais pas, ça fait 5 ans que je vis entre la Suisse et les Emirats. J’avais bien l’idée de faire ma start-up, je m’étais installé dans un bureau du 7eme arrondissement de Paris près du cabinet d’avocat de papa et j’avais reçu ma carte de membre du VIP Social Club of Great Businessmen… mais j’ai calé disons sur heu… les « unpredictable elements of non-preparing a kick-off plan without strong elements of empowerment & a strategic vision for short term ». Du coup je me suis dit qu’il fallait crowd-sourcer directement l’entreprise et son concept avant même de crowd-recruter les meilleurs talents du marché, puis de beta-tester nos versions futures et enfin de crowd-fonder notre budget de développement avant entrée en bourse.

Branched : Paul, pourquoi tous ces termes compliqués… que voulez-vous dire ?

Paul Meunon : Ce n’est pas si compliqué, upgrade your brain guys ! C’est de l’easy-businessing, encore appelé cool making money : une nouvelle tendance clé dans la Sillicon Valley. On embauche une équipe coeur à trois têtes (directeur de la stratégie, directeur marketing et directeur de la communication) et ils vous montent un projet tenable au terme de plusieurs ateliers de brainstorming, co-working, co-developing et surtout fly-fucking.

Après, on sous-traite toutes les fonctions subalternes : ingénieurs, responsable informatique, web dev, relation client, secrétaire, nettoyage des bureaux… C’est top clean. On leur propose un « golden partnership & increasing profit deal » : leurs postes sont conçus comme des centres de profits, car ils nous reversent un % de leur C.A étant signés comme auto-entrepreneurs ou « non permanent & agile workforce », avec période d’essai révisable.

Branched : Paul, pourquoi vous nous prenez pour des buses ?

Paul Meunon : Ben parce que ça marche tiens ! T’as vu le niveau de chômage ici ? Et au fait, plutôt que sur-vivre salement dans la presse en ligne indépendante… vous seriez libre pour des heures de nuit en community management commercial & SAV performance ? Vous pouvez facturer sur 3 mois ?

Branched : Nous verrons ce point ultérieurement… Paul, un nom pour votre projet ?

PM : Ah on cherche encore, on hésite entre plusieurs pistes… et notre agence de com’ digitale malgache a un peu de mal il est vrai en market wording et business brain impacting. Faudrait un truc fort et générationnel, du jamais vu qui nous distinguera de la concurrence et servira de leverage accelerator pour déclencher l’acte d’achat. Du genre   »App Loudy » ou « Donne load », voire « Clic-clac ». On y travaille, ça va venir.

 

Email
Print
Plus dans Business
header microland v2 by VIAgallery on flickr
MicroLand : un parc d’attraction fou pour relancer la high tech !

Le jeune milliardaire texan Michaël Gonoguo est en passe de secouer l'industrie des parcs d'attractions, et celle de la high...

Le "point barre" ne correspond plus aux pratiques digitales...
L’expression « Point barre » en recul dramatique en entreprises

Selon une enquête suédoise de la CPU (Clichés Protection Unit), les nouveaux comportements digitaux seraient en passe de menacer la...

Fermer