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Branched | February 23, 2018

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Numérique et Vieilles Charrues : déjà le Off du Davos de la musique digitale

Numérique et Vieilles Charrues : déjà le Off du Davos de la musique digitale

| Le 19 juillet 2014

De notre envoyé spécial à Carré-ment Web Festival

SONY_WM-D6CIls étaient venus, ils étaient tous là. Dans un bel élan collectif, l’ensemble des musiciens et chanteurs invités au festival des Vieilles Charrues édition 2014 à Carhaix (Finistère) étaient aussi présents dans l’enceinte de la salle Glenmor pour la première édition du West Web Music Festival (prononcer ouest oueb mousik faistivaul).

Mais un peu plus loin, la vraie hype se tenait dans un champs de Colza : le « off du WWMF ». Déjà une forme de consécration ! Et c’est cet événement que Branched a suivi pour vous.

Ce rassemblement ultra select vise lui à promouvoir l’usage des mots « west » et « web » dans les circonstances les plus adaptées, et aussi à causer musique digitale. Intronisé « Off DavMuDi » (pour « Off du Davos de l’économie de la musique digitale »), ce contre festival underground accueillait des centaines de musicos et experts en panne de business-models adéquats à l’heure du chamboulement numérique.

Point clivant de ce premier « off » : renverser le paradigme d’ordinaire convenu, explique Paul Ottobot, directeur temporaire et élu démocratiquement. « On se pose trop souvent la question de digitaliser la musique et son business… Nous, c’est l’inverse : comment faire de la musique avec du digital ? Comment créer une expérience artistique et poétique, à partir de start-ups, de marchés et d’interfaces tactiles ? ».

Des témoignages vibrants

Jean, un payson breton (le vrai, pas le beurre) croisé parmi les convives de haut vol munis de leur badge VIP à reconnaissance facial, nous faisait remarquer : « Une charrue en soi, c’est un objet très technologique et musical. Ca grince quand tu roules. Et c’est le premier de tous les outils qui a libéré l’homme pour la culture de la terre. Crois-le mon gars, les charrues d’aujourd’hui, c’est hyper techno : suspension hydraulique à répartition de charges, poignées en gomme à mémoire de poigne, GPS intégré… ». Dont acte, même si ceci n’a guère de rapport.

D’autres invités avaient aussi un point de vue à donner : ainsi Elton Jam (sosie du célèbre) a pu témoigner de son usage des technologies d’implants capillaires les plus sophistiquées. Il suggérait que celles-ci soient proposées désormais en version instrumentale, chaque cheveux produisant des sons distincts. Jean-Michel Jarte, auteur-compositeur-algorithme, rebondissait sur ce point, en proposant de créer « des hommes-musiques, des instruments vivant qui seraient en interaction dans les rues et créeraient au gré de leurs mouvements et chocs des symphonies urbaines incohérentes et impromptues »… L’équipe de la Croix Rouge, présente sur place, a pu lui administrer les premiers soins.

Le business finalement

Les conférences se succédaient dans une grande variété de sujets, à l’ombre des plans de Colza, et au son voisin des balances des groupes jouant dans l’après-midi.

Le business finalement, même si pas au coeur de la réflexion, n’était pas loin. Vladimir Tiquetine, producteur de dance music russe, croisé à la buvette des Vieilles Charrues et attiré par le « Off DavMuDi », nous résume la tendance clé de 2014 : “Les musiciens doivent d’abord se focuser sur le friendsandfamily avant de staffer le groupe et leur board pour trouver leurs premiers strongbelivers avant un up-raising”. Une manière plus moderne de dire que le destin des musiciens est d’abord de jouer dans des bars pourris devant leurs potes avant, peut-être, de rencontrer le succès public qui leur permettra se s’élever au firmament de la chanson ? Qui sait, en économie numérique, tout est souvent affaire de story-telling

“Money for nothing, and checks for free”

Après la première journée de débat, le temps des questions et des cerises a permis à toutes et tous de s’exprimer. Le leader de Scoop the Ouf, un groupe urban-jungle-beat-néo-rock, a durant une pause bondi sur scène dans un déhanché très james-brownien, pour demander au micro : « Hé, j’entends beaucoup parler du business des plateformes d’amplis, des amplis pour tablettes, des amplis responsive design, etc. Moi ça m’intéresse, parce qu’on doit changer nos amplis pour la tournée 2015. Faites passer le message brothers ».

En off du « off » (du « on » donc), dans la cantine de la salle Glenmor, plusieurs exposants proposaient leurs nouveaux produits. Au menu : impression 3D sur vinyles de disques de collection, du co-voiturage pour les tournées avec Blablacar, outils de crowdfunding pour le lancement d’albums (et le déménagement d’invendus), des sex-toys connectés à l’écoute d’un disque avec B-Sensory, un very speed job dating pour le recrutement de musiciens à l’heure du numérique, des systèmes de micro-paiement de photos dédicacées sur Paypal.

A la fin de ces deux journées de « off » les participants ont repris, à quelques pas de là, la place qui est la leur. Comme Elton Jam, en pamoison devant son idole au chant pour, peut-être son dernier concert. « Moi aussi, c’est mon dernier cancer », affirmait le sosie officieux, dans une bouffée de cigarette qui survolera longtemps la prairie de Kerampuil pour former une apparente guitare six cordes. Et au bar numéro 34.978, pris d’assaut par les festivaliers du « off », chacun prenait ces nuages comme un message : « music will never die ».

Dire Straits – Money for Nothing par knopfler

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