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Le dernier homme à parler le SMS est mort

Le dernier homme à parler le SMS est mort

| Le 29 avril 2014

LE SMS
“Jcrois b1 ke cé la fin. + person nKpte ske jdis, ske jécris, ske jcri. adi2” (1). Nous sommes le 25 mai 2048, et John-Alexander de la Montaigne de la Boétie, aka Booba, vient de mettre fin à ses jours. Ce faisant, c’est tout un pan numérique de notre civilisation qui s’éteint avec lui, car John-Booba était le dernier homme sur cette planète à parler le SMS.

Le SMS, c’est pour tous le Short Message Service. La vérité historique se situe plutôt du côté de la salle du jeu de Paume, en 1788. Alors que la France gronde, deux anglais batifolent, chacun d’un côté du terrain. Se sentant espionnés par les services secrets du Roi de France, ils s’envoient des messages codés écrits sur la baballe. Des messages envoyés lors du service…

Pour le short, les spécialistes se divisent sur sa réelle signification. “Il y a ici une double acceptation potentielle du point de vue linguistique. Il peut à la fois témoigner du caractère minimaliste du message, imaginez ce que l’on peut écrire sur une balle de jeu de paume, que t’chi, rien en argot du nord. L’autre interprétation possible, le short, ce vêtement qui sert à rentrer dans les fesses, à cacher l’inmontrable, à montrer l’incachable. Pour ma part, je pense qu’il s’agit d’une juxtaposition sémantique mutuellement enrichie, soit un mot qui a deux significations”, témoigne Claude Agrège, linguisticien devant l’éternel à l’école Anormale Sup./p>

Un problème de sécurité nationale

Le décès de John-Booba plonge également dans la perplexité le monde de la science et notamment celui des cryptographes de la bibliothèque nationale. Ils avaient souvent recours à ses services pour décoder les milliards de SMS stockés dans les fermes à serveur de la BNF. Depuis la loi, du 17 Brumeux 12 après Manuel Valls, tous les SMS envoyés et reçus par des citoyens français ont été archivés sur d’immenses serveurs. Ils furent ainsi jusqu’à 1.450 décodeurs de SMS à travailler au sein de ce service, répondant aux demandes de traduction de la justice.

Le développement de la télépathie, l’appauvrissement du vocabulaire, les saisies automatiques, ou bien encore le recours à la sous-traitance à Madagascar pour la rédaction de ses propres messages, auront eu raison du Service Ministériel de Surveillance (SMS). Fermé il y a deux mois, sa fin aura coïncidé avec celle de John-Booba dont les mémoires devaient sortir sur Twitter sous la forme de 3.452.791 tweets successifs payables à l’unité. Sous le titre “G tro kifé ma vi dla balle”, aux éditions du Garifo, le livre promettait une plongée subjective dans l’histoire du numérique de ces cinquante dernières années.

Las, écrit en SMS, son seul lecteur potentiel était aussi celui qui avait écrit le livre. Pour rendre hommage à John-Booba, de jeunes développeurs de l’école “1984” viennent de mettre en ligne une application qui permet, via l’appareil photo de son casque Google de réinterpréter les lignes de texte en langage SMS. Une initiative récompensée par le Ministère de l’Education Numérique Nationale : “tro pa l seum, jvs élèv o grad 2 chevalié dla légion dhoneur”, a indiqué le Ministre dans son discours.

1. “Je crois bien que c’est la fin. Plus personne ne comprend ce que je dis, ce que j’écris, ce que je crie. Adieu”

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